Éloge de la plonkitude
Jeudi 26 juin 2008
Si vous avez aimé l’irrésistible portfolio (« Rions un peu ! ») consacré aux œuvres de Plonk et Replonk dans le dernier numéro de L’Alpe, alors vous aimerez l’exposition présentée par ces mêmes créateurs au musée du Léman à Nyon. Sous un titre évocateur (La face cachée du Léman - Mythes, légendes et sornettes), elle montre quatre-vingt illustrations sur le thème du lac, bien entendu toutes caractérisées par l’humour décalé des auteurs. L’exposition s’accompagne en outre de quelques manifestations concoctées par ces mêmes artistes. Ainsi, on ne manquera pas durant le festival des Arts vivants (du 13 au 23 août) la performance des Briseuses de tympans, les bruiteuses professionnelles de Plonk et Replonk, ou la « bétonnade » des nains de jardin pendant les Journées du patrimoine (13 et 14 septembre). Enfin, l’état-major de Plonk et Replonk nous invite à découvrir sur son site Internet trente-quatre nouvelles cartes postales inédites et en couleurs, « illustrations didactiques qui traitent du lac Léman, du monde en général et de certains aspects de l’univers… »
Jusqu’au 25 janvier 2009. Suisse, Nyon, Vaud.
Tél. : + 41 (0) 22 361 09 49. Site Internet
La première mouette qui a réussi à franchir le mur du son, le 6 juin 1974.
Cette publication s’arrête sur le fameux et goûteux « or des alpages », pour reprendre le titre du
Le 11 août 1858, en foulant les premiers le sommet de l’Eiger (Alpes bernoises), le Britannique Charles Barrington et ses guides suisses Peter Bohren et Christian Almer ne soupçonnent pas que la conquête de la face nord de la montagne fera l’objet d’une lutte féroce quatre-vingts ans plus tard. Dans les années 1930, avant la réussite en 1938 d’une cordée austro-allemande, une demi-douzaine d’alpinistes pourtant émérites perdent ainsi la vie dans l’immense paroi. À l’occasion des cent cinquante ans de la première ascension de l’Eiger, le Musée alpin suisse de Berne propose justement l’exposition Parois et audace – Le risque en montagne depuis la première ascension de l’Eiger il y a 150 ans. Avec l’Eiger à la fois érigé en prétexte et en symbole, l’exposition s’arrête sur les risques pris par les pionniers, mais également par les alpinistes modernes malgré un équipement en constante progression.
Comme nous l’annonçons dans le
Enseignant l’histoire à Lausanne (Vaud), les deux coordinateurs suisses de ce livre qui s’arrête sur les deux guerres mondiales à travers l’image habitent paradoxalement un pays resté à l’écart des deux conflits. Mais finalement, la neutralité importe peut-être pour analyser objectivement le sens de toutes les formes de ces « images en guerre 1914-1945 » qui mettent en scène les acteurs alpins (France, Italie, Autriche et Allemagne), mais aussi la Belgique et les inévitables États-Unis. Peintures, sculptures, œuvres littéraires, photographies, films et autres bandes dessinées présentées dans l’ouvrage dépassent la simple représentation et servent souvent les intérêts de régimes totalitaires. Il en résulte une étude (une vision ?) sérieuse et minutieuse de la part du pays à la fois le plus alpin et le moins guerrier d’Europe. Un regret toutefois, les quelque quatre cents (!) notes de bas de pages (renvois à des sources, des articles et d’autres livres) qui viennent un peu « polluer » la lecture.
La Maison des parcs et de la montagne de Chambéry accueille l’exposition Bouquetin, le retour du roi . Elle évoque l’histoire de l’animal de la préhistoire à nos jours, s’arrêtant notamment sur les mesures de protection mises en place au XIXe siècle par le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II (roi d’Italie à partir de 1861), alors que l’espèce semble vouée à l’extinction. L’exposition présente trente photographies réalisées par Michel Foriel dans le parc national de la Vanoise, ainsi que des panneaux historiques et d’autres consacrés aux mœurs et à la vie du bouquetin au gré des saisons.
Dans le massif de Belledonne, le village des Adrets reste le centre névralgique d’un festival marqué du sceau de l’originalité, celui de l’arpenteur. Sur le thème « Théâtre pentu et parole avalancheuse », l’association Scènes obliques a concocté cette année encore un programme très créatif, fait de lectures et autres « espiègleries » : théâtre sportif, danse verticale, marche-écriture, ascension poétique, concert festif et autre banquet pentu…
Cent soixante pages et pratiquement autant d’images prises par les photographes de l’agence Roger-Viollet revisitent les sports d’hiver depuis le début du siècle dernier jusqu’aux années 1960. L’accent est mis sur l’ambiance qui règne dans les Alpes quand le ski se démocratise progressivement (entre-deux-guerres), puis se structure après le second conflit mondial avec la création de la plupart des stations de sports d’hiver. De brèves légendes qui disent le strict minimum, un choix d’images axé sur les pratiques familiales et de groupes, l’ensemble témoigne d’une atmosphère gentiment délurée qui n’a aujourd’hui plus cours dans les stations dites modernes.
Le numéro 18 de l’édition italienne de L’Alpe (Priuli & Verlucca editori), consacré aux lacs alpins comme notre
Il reste quelques jours pour aller admirer l’exposition Aux origines de la photographie de montagne, qui se tient au cabinet d’arts graphiques du musée-château d’Annecy. À partir de 1850, sous l’impulsion de Daniel Dollfus-Ausset et d’abord dans un but scientifique, les premières grandes « dynasties » de photographes (Bisson, Tairraz) prennent des clichés novateurs et spectaculaires en altitude, à une époque qui correspond également à la naissance de l’alpinisme. Outre des œuvres issues des collections du musée-château, elle montre une trentaine de photographies principalement réalisées par deux éminents spécialistes : le Français Gabriel Loppé (1825-1913), sans doute le premier à pratiquer à la fois la peinture et la photo en montagne, et son beau-frère le Britannique James Eccles (1838-1915), brillant alpiniste auquel on doit de belles premières ascensions dans le massif du Mont-Blanc. Voir également le
La troisième édition de Festivanoise, le festival international de la photo de montagne et nature, revient à Pralognan, au cœur du massif de la Vanoise. Outre des expositions, des films, des conférences et la présentation des images récompensées (le festival s’articule autour d’un concours), il propose des randonnées photographiques guidées.
En Vallée d’Aoste, le fort de Bard fait partie de ces citadelles d’altitude inscrites dans un important projet de réhabilitation (voir à ce propos notre article « La nouvelle vie des remparts » dans le